Musée céleste

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Dès mes 1ères expériences astrales, il m’est arrivé parfois de me retrouver (par hasard?) dans des musées mais avec, en général, une conscience plutôt moindre; j’en rapportais au final peu de souvenirs cohérents. L’expérience suivante est marquée par une assez bonne lucidité, sans pour autant avoir été en pleine possession de ma réflexion égotique.
Cependant j’ai remarqué que les expériences les plus intéressantes et cohérentes s’inscrivent souvent dans ce schéma: une assez bonne lucidité doublée d’un ego partiellement inhibé. Il s’agit en fait d’un équilibre: trop d’ego pollue l’expérience (votre mental vous fera voir les illusions auxquelles vous avez pensé un peu trop fort), mais trop peu vous privera probablement des souvenirs de votre voyage une fois de retour dans la chair.

 

Je me réveille, m’affale en travers du lit et regarde mon reflet dans le miroir… Quelque chose cloche! Je suis couché sur le ventre, la tête de côté, la joue contre la couette, pourtant mon reflet porte sa tête bien droite, et plus étonnant encore, il ne me regarde même pas. Je n’ai aucun souvenir d’être sorti de mon corps (à ce jour je n’en avais encore jamais eu pleinement conscience) mais ce constat me fait l’effet d’une bombe : Je suis sûrement sorti !

Je traverse le mur et me retrouve dans la maison de mon enfance, dans le couloir qui menait à ma chambre. Rien n’a changé. Je décide de m’envoler, en un instant je me retrouve à 50000 mètres d’altitude, je distingue très bien la France qui voit l’aube poindre.
« Et maintenant je fais quoi? ». Je n’avais pas vraiment défini d’objectif à l’avance…

Je détourne le regard. A ma gauche un énorme panneau lumineux s’impose à moi. Dessus est écrit « La terre des dinosaures » ou quelque chose du genre (on est dyslexique en astral) sur un fond d’illustration de dinosaures. OK… bon ben allez j’y vais, on verra bien.

Une fois ce « portail » franchi je me retrouve en plein jurassique. Je n’ai sans doute rien trouvé d’exaltant car, voyant des dinosaures, je me souviens juste avoir pensé « Tiens ils ne sont pas de couleurs vives comme selon certaines théories » et « Il est marrant celui là on dirait qu’il a des cheveux ».
Rapidement j’ai voulu faire demi-tour. Problème: il n’y avait pas clairement de portail retour, mais un portail qui menait vers une autre période préhistorique…

***Là j’ai un trou de mémoire!***

Le cerveau humain déteste les incohérences mais ce qu’il déteste encore plus c’est être confronté à quelque chose qu’il ne peut expliquer. Si vous voyagez, vous constaterez immanquablement que bien souvent vous ne ramenez pas l’intégralité de votre voyage. Et ce n’est pas forcément dû à un manque de lucidité à un moment précis, mais ce peut être qu’au moment du « téléchargement » du souvenir dans le cerveau, ce dernier n’est simplement pas en mesure de stocker les souvenirs qui échappent à sa compréhension. Tout comme (selon la légende) les amérindiens n’ayant d’abord pas été capables de voir les navires des colons (car ça outrepassait leur logique), le cerveau préférera modifier (s’il peut trouver une référence plus compréhensible) ou carrément effacer certains souvenirs (il aurait pu afficher « erreur système » ça aurait fait le même effet).
Ainsi, pendant le voyage, vous pourrez avoir l’impression d’une grande cohérence d’ensemble, de savoir comment vous êtes arrivé là, de rencontrer des gens que vous êtes sûrs de connaître mais une fois de retour constater que vous avez des blancs, que le contenu de la conversation hyper importante et révélatrice que vous avez eue a disparu, ou que certains éléments vous paraissent incongrus ou que leur sens vous échappe (au 1er abord). Ce sur quoi je viens de terminer est très important pour la suite.
Fort heureusement, il semble aussi qu’avec le temps et l’apprentissage, ces blancs soient de moins en moins fréquents.

Je me retrouve dans un bâtiment très moderne et assez lumineux, tout est blanc. Il y a beaucoup de monde. J’ai le sentiment qu’ils sont là pour visiter, comme dans un musée.
Tandis que je croise une femme, curieux de savoir si je peux interagir avec elle, je lui touche l’épaule pour contrôler si ma main passe au travers. Le contraire arrive et j’y suis peut-être allé un peu fort. Nous sommes surpris tous les 2 (pas pour la même raison), mais elle paraît presque effrayée par ma brutalité.
Soucieux de me faire pardonner, je demande:
« Excusez-moi, vous aussi vous êtes dans l’astral? »
– Pour l’exprimer ainsi vulgairement: oui je suis dans « l’astral ».  (après coup cette réponse m’a vraiment étonnée)
– Excusez-moi c’est la première fois que je fais une projection astrale. (enfin l’une des premières)

Je sens émaner d’elle de la méfiance, presque du dégoût à mon égard, d’ailleurs elle ne cesse de reculer. Puis elle profite d’un instant d’inattention où je tourne le regard vers d’autres personnes, rassemblées autour d’un même objet: un tamagotshi géant rose (je reviendrai dessus à la fin), pour s’éclipser.

Tant pis, je erre à la recherche d’une autre âme charitable qui pourra bien répondre à mes questions et m’indiquer le chemin du retour par la même occasion.
Je traverse un escalier en planant, puis un couloir. J’arrive dans une immense pièce, dans laquelle se trouve une non moins immense table, des chaises disposées tout autour.
En entrant je croise perpendiculairement le chemin d’une femme dont les cheveux longs masquent le visage. Elle parait vraisemblablement très absorbée par ce qu’elle fait… Elle s’assoie.
« Excusez-moi madame »
Pas de réponse. En m’approchant d’avantage je distingue une barbe…
« Ah pardon monsieur, ce sont les cheveux qui… »
Il m’interrompt : « Sans blague, j’avais pas deviné » répond-il un peu vexé.
– Excusez moi, je voudrais rentrer vers l’Europe mais je ne sais pas par où je dois …
– L’Europe?
– Ben oui, l’Europe, sur Terre…
– Sur Terre?! Suivez-moi!

Il m’emmène alors à l’extérieur, dans les jardins, rencontrer un autre homme, visiblement plus âgé, grisonnant et dégarni sur le sommet du crâne. C’est vraisemblablement quelqu’un qui a  de l’importance dans ces lieux.
Les 2 hommes discutent de mon cas. La conversation est soutenue et j’ai du mal à suivre mais je comprends néanmoins que je ne devrais pas être là, que ce n’est pas « normal » que je sois arrivé là. Il me semble que le premier lui demande s’il s’agit d’une « démonstration de force » (ou puissance) en nous donnant accès à leur monde pour que nous nous rendions compte de leur pouvoir… Je n’ai pas tout compris.
La dispute s’est finie par quelque chose du genre « C’est bon, laisse le rester là un peu s’il le souhaite » car la femme a barbe a fini par partir. Puis, avant de partir, le « jardinier » (j’ai eu l’impression qu’il s’occupait des jardins) s’est tourné vers moi et m’a dit une assez longue phrase dans une langue inconnue. Je crois qu’il m’a salué, ça avait l’air d’avoir le sens d’un « namasté » mais en bien plus long.

Je suis à nouveau seul, dans le parc cette fois-ci… je chemine le long d’une allée, puis j’entends les mots « Nazareth » et « honte d’avoir été homme ». J’ai l’impression que c’est une guide qui raconte à des visiteurs. J’interpelle une femme (en sarouel et turban) qui passait par là :
« Elle parle de Jésus là? » (J’ai pourtant toujours considéré toutes les religions avec beaucoup de méfiance, alors je suis le premier étonné à voir des références religieuses dans mes expériences).
Je crois qu’elle me répond que c’est plus compliqué que cela. Elle semble ensuite vouloir parler d’elle, alors je l’écoute. Je comprends qu’elle et sa fille Cocto (c’est ce que j’ai entendu phonétiquement, drôle de nom) ont décidé de rester ici après leur décès. Elle finit par me demander « Et toi tu as réussi à te faire ta place ici? »
Je lui révèle alors que j’ai toujours un corps physique qui m’attend, qu’il faut d’ailleurs que je réintègre sous peu sinon je risque d’être en retard au travail. Elle parait mi-surprise mi-amusée en entendant ça.

Je sens que mon voyage touche à sa fin, j’ai envie de rester (je me suis vraiment posé la question) mais je sais que ce n’est pas possible.

***Là j’ai à nouveau un blanc***

Je me sens réintégrer mon corps, j’ouvre les yeux je vois ma main fantôme réintégrer la chair, ça m’amuse… Mais… La chambre n’est pas la bonne. J’étais censé être chez mon amie pourtant j’ai d’abord la vague impression d’être chez moi. Mais… Ce n’est pas non plus mon appartement mais ça je ne le réalise pas de suite. Je me lève, affolé, et frénétiquement me mets à pleurer… de peur!? J’ai le sentiment d’avoir peur de tout ce qu’il vient de se passer, mais pourquoi?… j’aperçois l’heure: 12:10 (j’ai trop dormi? zut je vais être en retard au travail!) Mais… mais… je ne maîtrise rien! … Ce n’est pas mon corps !!!!!

Puis je me réveille, pour de bon! enfin! Dans une grande inspiration, comme si j’avais retenu ma respiration une bonne minute… Il n’est pas encore 8:30

Revenons maintenant au tamagotshi.
2 jours après cette expérience, à table sur mon lieu de travail, une collègue et moi discutons du roman de B.Werber « Les Thanatonautes ». Puis je lui demande si elle a lu la suite. Elle me répond par la négative. Je m’emploie donc à lui révéler (sans trop la spoiler) que le héros devient ensuite ange-gardien, puis élève-dieu, et que chaque élève-dieu a, à sa charge, un peuple. Et là, à ma grande surprise, elle me lance du tac-o-tac « Ah c’est marrant, ils ont chacun leur tamagotshi! ».

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